Visite de l’exposition « Pastels : De Millet à Redon » au musée d’Orsay

Le 10 juin 2023, B. et moi avons visité l’exposition « Pastels : De Millet à Redon », au musée d’Orsay. Les pastels sont des œuvres par nature fragiles, qui sont conservées dans les réserves et peu souvent exposées. La précédente exposition de pastels du musée d’Orsay, intitulée « Le Mystère et l’éclat », avait eu lieu en 2009. Le musée d’Orsay dispose d’une collection de 500 pastels. Il s’agit de les faire découvrir au public la diversité des œuvres d’artistes tels que Millet, Degas, Manet, Cassatt, Redon, Lévy-Dhurmer…

Un mot sur le musée d’Orsay

Les collections du musée se limitent à la période 1848-1914. Le musée d’Orsay est connu pour sa collection de peintures impressionnistes et post-impressionnistes, la plus importante du monde.

Niché dans l’ancienne gare d’Orsay, magnifique bâtiment construit à la fin XIXe siècle conçu par l’architecte Victor Laloux, il est situé sur le quai d’Orsay, qui longe la Seine. Il est né de la volonté du président Valérie Giscard d’Estaing et a ouvert ses portes au public le 9 décembre 1986.

L’exposition

Le pastel: un matériau fragile

La guide nous a présenté ce matériau, dont l’origine étymologique ne fait pas consensus. Des exemples de pastels gras ou secs étaient exposés. Ils correspondent à différents modes de fabrication, à des usages et rendus différents. Les palettes de nuances sont impressionnantes. Roulés en petits bâtonnets, ils sont aisément transportables. Il sont composés de pigments minéraux (ocres, terres), organiques ou végétaux (pastel des teinturiers), d’une charge (craie, plâtre) et d’un liant (gomme arabique pour les pastels secs, huiles ou cire pour les pastels gras).  Leurs nuances permettent de rendre compte des tons chairs ou des étoffes de manière très réaliste. Il n’est pas possible de mélanger les couleurs des pastels, comme pour la peinture, sur une palette mais le pastelliste peut travailler par superposition ou juxtaposition. Il faut donc composer la bonne nuance et l’utiliser directement sur le support.Les fabricants de pastel pont chacun des gammes différentes et potentiellement complémentaires de pastel. Le fabricant français Sennelier (qui a débuté son activité à la fin du XIXe siècle) est mentionné pour la qualité de ses pastels.

Si, à la Renaissance, Léonard de Vinci a utilisé le pastel dans ses œuvres, c’est au  XVIIIe siècle qu’il atteint son âge d’or, avec les grands pastellistes français (ex : Quentin de la Tour). Un peu tombé en désuétude, il réapparaît au XIXe siècle sous les doigts d’artistes qui n’en font pas un usage exclusif.

La fragilité du pastel nécessite des conditions de conservation peu compatibles avec leur exposition au sein d’un musée, ce qui explique ce choix de n’exposer qu’une petite partie de la collection de pastels à  des intervalles peu fréquents. Il est également nécessaire de laisser un espace vide entre la toile et le verre pour éviter que le tableau ne se détériore (des pigments de pastels resteraient collés au verre).

Un diversité d’artistes, des tableaux très différents

La guide s’est attardée sur certains tableaux, nous faisant découvrir les différentes salles , dans un parcours qui montre l’évolution des œuvres sur la période couverte par le musée. Il est intéressant cependant de connaître d’autres œuvres des artistes qui, pour la plupart, sont loin d’avoir fait un usage exclusif du pastel. C’est le cas notamment de Degas ou d’Odilon Redon, dont l’œuvre,  exclusivement en noir et blanc au début de sa carrière et caractérisée par une forme fantastique légèrement inquiétante, a laissé la place subitement, après son mariage et sa paternité, à une œuvre colorée et plus apaisée qui est passée par l’usage du pastel. Une partie des ses œuvres avait fait l’objet d’une exposition au Grand Palais en 2012 ou 2013.

Exemples d’œuvres exposées

 

 

 


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